Alors que la consommation de drogues continue de ronger sournoisement la jeunesse burundaise, certaines voix se lèvent, non pas pour condamner, mais pour tendre la main. Dans un monde où la tentation et la solitude font des ravages, des initiatives comme celle du groupe Sainte Rita de la paroisse de Ruziba redonnent espoir. En ce 25 mai 2025, jour dédié à leur sainte patronne, ces croyants ont décidé de sortir des murs de l’église pour poser un geste concret d’amour et de foi. Ils ont choisi d’aller à la rencontre des jeunes en situation de dépendance au centre Strong Bridge, pour écouter, soutenir et éveiller les consciences, en particulier celles des enfants et des parents.
Ce témoignage, à la fois spirituel et profondément humain, nous rappelle que la foi, quand elle se vit dans l’action, devient un outil puissant de transformation sociale. C’est le récit d’un dimanche pas comme les autres, où la compassion a pris le pas sur la célébration, et où l’Évangile s’est incarné dans un regard, une étreinte, un message.
Le dimanche 25 mai 2025, les membres de l’association chrétienne Sainte Rita, rattachée à la paroisse Sainte Mère Teresa de Calcutta, ont choisi de célébrer la fête de leur sainte patronne d’une manière particulière : en se rendant au centre Strong Bridge, situé dans le quartier Nyabugete II, qui accompagne les jeunes anciennement dépendants des drogues.
Cette visite, marquée par une messe célébrée sur place, visait à exprimer solidarité, compassion et espoir envers les résidents du centre. À travers ce geste, les chrétiens ont voulu rappeler à ces jeunes qu’ils ne sont ni oubliés ni rejetés, mais qu’ils comptent dans le cœur de leur communauté.
Prier pour la jeunesse, avec Sainte Rita comme intercesseur
L’Abbé Pierre Claver Gacumu, curé de la paroisse Ruziba, a appelé les parents à prier avec ferveur, en s’appuyant sur l’exemple de Sainte Rita, pour la jeunesse burundaise. Il a insisté sur l’importance de marcher aux côtés des jeunes dans ce combat contre les drogues, afin qu’ils retrouvent leur dignité et deviennent des hommes et femmes responsables, capables de bâtir un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour la nation. Il a aussi lancé un appel vibrant à toutes les communautés chrétiennes de la Paroisse Ruziba à s’unir pour venir en aide au centre dans ce combat qu’il mène.
Une initiative éducative pour les jeunes et les parents
Thaddée Kabura, président du groupe Sainte Rita, a expliqué que cette célébration avait une double portée éducative : d’un côté, permettre aux jeunes de leur groupe d’écouter les témoignages poignants des résidents de Strong Bridge, pour mieux comprendre les ravages causés par la toxicomanie. De l’autre, faire participer les parents afin qu’ils prennent conscience de leur rôle crucial dans la prévention de la consommation de drogues.
Les témoignages entendus sur place ont mis en lumière des parcours souvent marqués par la solitude, la souffrance, la marginalisation et parfois l’abandon familial. Ces récits ont démontré que les débuts dans la consommation semblaient souvent anodins — un jeu, une curiosité, un moyen d’oublier — mais qu’avec le temps, l’engrenage devenait destructeur.
Un appel pressant à la responsabilité parentale
M. Kabura a souligné que certains enfants s’égarent dans la drogue non pas par choix, mais parce qu’ils ont l’impression d’avoir été abandonnés par leurs propres parents. D’où l’appel à ces derniers à renforcer leur présence, leur écoute et leur soutien émotionnel auprès de leurs enfants.
Strong Bridge : accompagner pour reconstruire
Le directeur du centre, M. Bonaventure Nkuriyingoma, a rappelé que Strong Bridge accueille séparément les garçons et les filles anciennement dépendants. Il a révélé que la majorité de ces jeunes ont connu des blessures profondes dans leur enfance : perte de parents, manque d’attention, absence de repères. Il exhorte ainsi les familles à jouer pleinement leur rôle dans l’éducation affective et morale des enfants, soulignant que la prévention commence dès le plus jeune âge.

La visite du groupe Sainte Rita est un bel exemple de l’Église en action, se rendant là où la souffrance est palpable pour y apporter un message de lumière. Elle montre que la foi chrétienne ne se limite pas à des rituels, mais qu’elle se traduit aussi par des actes de solidarité concrets. Elle rappelle à chacun, jeunes comme adultes, que la lutte contre la toxicomanie est une responsabilité collective, qui commence par l’amour et la présence active dans les familles.
Traduit de l’article de Vestine Nduwimana, Paroisse Ruziba
